dimanche 4 octobre 2015

BUGEAUD


Mais avant de poursuivre, rappelons qui était le «Père» des Tirailleurs et de l’Armée d’Afrique.


Thomas Bugeaud est né à Limoges en 1784.
Sous-lieutenant en 1806, il avait fait ses premières armes aux Vélites de la Garde Impériale.
Il avait combattu en Espagne de 1808 à 1813 et en Algérie il allait retrouver un type de combat qu’il connaissait.
Il avait aussi combattu en Prusse, en Pologne.

A la restauration, Bugeaud avait quitté le service actif et s’est retiré dans ses terres du Périgord.

En 1835, Bugeaud revint aux Armées, en 1836, il débarque pour la première fois de ce qui deviendra en 1839 l’Algérie.
On lui confia le commandement de la province d’Oran. Il signa avec Abdelkader le traité de Tafna qui ramenant une paix provisoire dans la région permit aux troupes françaises de mener leur action dans la région de Constantine.

Bien vu par les jeunes officiers et aimé de la troupe, Bugeaud avait de nombreux points de friction avec les officiers généraux.

Son expérience espagnole, en fait un partisan et précurseur de la contre-guérilla.
Il estime que des troupes armées et équipées légèrement, menant une guerre d’embuscades sont de loin supérieures à l’implantation de postes fortifiés mais sédentaires.

A son arrivée en Algérie, Bugeaud dispose de 60.000 hommes. En 1840 il remplace comme gouverneur le général Vallée, cinq années plus tard ses effectifs ont été portés à 106.000 hommes parmi lesquels les Tirailleurs.
Après les combats contre les marocains, Bugeaud fait Duc D’Isly en juin 1844, le lieu du fameux combat et de la victoire devint son titre.
 

« L’arrivée de Bugeaud en Algérie, écrira le général Weygand, avait contribué à établir entre tous les africains, du général au simple soldat, une camaraderie simple et cordiale dont le respect et l’autorité n’avaient pas à souffrir. »





                          Bugeaud reçoit la reddition des marocains à Isly.




1913


   Jeune 7ème 



 
Le 15 avril 1913, le 3ème RTA, né le 1er janvier 1856, fournit ses 1er, 3ème ,6ème, et 8ème, Bataillons qui deviennent 1er, 2ème, 3ème, et 4ème, Bataillons du 7ème RTA, tandis-que les 2ème, 4ème, 5ème, et 9ème Bataillons deviennent le nouveau 3ème RTA.

Le 14 juillet 1913, à Longchamp le Drapeau du régiment sera remis au colonel MATHIEU, des mains du président de la république, Raimond POINCARE.
Il sera digne, ce régiment de ses grands anciens de 1956, de Kabylie, d’Italie, du Sénégal, de Cochinchine, du Tonkin, de Madagascar !

Dans la fournaise de la Grande Guerre, il allait à son tour participer à la grande épopée de l’Armée d’Afrique.

La Marne est son premier engagement, au prix de pertes importantes et de lourds sacrifices, le régiment vainqueur arrêtera l’ennemi sur les marais de Saint-Gond, entre Montmirail et la Fère-Champenoise.

Les Tirailleurs font reculer la garde impériale prussienne jusqu’au château de Mondement et l’écrasent. Le Lieutenant-colonel Gros mène le régiment.

Pour la Division marocaine on forme un 7ème de Marche de Tirailleurs Algériens, le 1er Bataillon du 5ème RTA, le 3ème Bataillon du 6ème RTA, et le 4ème Bataillon du 7ème RTA, le composent. Le 7ème RTA, aux côtés du régiment de marche de la Légion Étrangère et du régiment d’infanterie coloniale du Maroc, sera de toutes les batailles.

Les deux « 7ème » combattent âprement, intimement mêlés dans cette unité de marche, qui a repris les traditions du 7ème RTA.
 
 

Artois 1915

Artois 1915 

Première bataille inscrite au Drapeau, les Turcos enlèvent la Côte 140, et en septembre de la même année, en Champagne, ils enlèvent les ouvrages au Nord de Souain, obtenant une seconde citation à l’Ordre de l’Armée et une deuxième inscription sur la soie de Drapeau. Le régiment est commandé par le Colonel DEMETZ.

Puis la liste sera longue, gravée en lettres d’or sur les plis du Drapeau. Le régiment reçoit la Fourragère nouvellement créée aux couleurs de la Croix de Guerre.

11 juillet 1916, la Somme.
Les Algériens une fois de plus aux côtés des légionnaires se distinguent devant Belloy-en-Santerre.

Avril 1917, Champagne.
Le régiment s’empare des fortifications à l’Est du Mont sans Nom.  Il obtient une citation à l’ordre du 17ème Corps d'Armée.

A Verdun, aux ordres du Lieutenant-colonel SCHULTZ, les tirailleurs algériens, lancent le 20 Août 1917 un assaut contre les positions allemandes réputées inexpugnables, les réduisent et font plus de 1.000 prisonniers. C’est la réduction du Gallwitz- Tunnel long de 800 mètres et fortement aménagé.

Une nouvelle citation à l’ordre de l’Armée couronne cet exploit.


 
 
 


1918




Au cours de l’offensive de 1918, le régiment toujours vainqueur, participera aux combats de Villers-Bretonneux et le 26 avril enlèvera Cachy. Le régiment reçoit la Fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire.


Le 18 juillet dans l’Aisne, les tirailleurs vaillants et indomptables aux ordres du colonel MENSIER, pénètrent au cours d’assauts irrésistibles, de plus de 10 kilomètres dans le dispositif adverse pourtant très dense, et ouvrent une brèche large de 50 kilomètres au moins. Deux nouvelles citations viennent récompenser les hauts faits d’armes.


Les tirailleurs comme tous ceux qui participèrent à la Grande Guerre subirent d’immenses souffrances. Beaucoup ont été tués ou blessés. « Mais au souffle de la Victoire revenue sur nos Drapeaux et pleines d’ardeur les armées améliorent elles-mêmes leurs bases de départ ».


Cette région, nos hommes la connaissent bien, car ils ont déjà stoppé l’avance de l’ennemi sur Compiègne.

Puis c’est la percée de la Ligne Hindenburg. Là encore, les africains face aux meilleurs régiments prussiens, face à des positions complexes et puissamment défendues, chargent baïonnette au canon et dépassent de 7 kilomètres «l’impossible effectif» ouvrant la marche sur Laon et la victoire décisive gagnée de cette «Bataille de France».

Le régiment obtient la Fourragère aux couleurs de la Légion d’Honneur.

La Grande Guerre est finie.

Le 11 novembre à 11 heures les clairons répercutent de position en position la sonnerie du dernier « Cessez le Feu ».

Le 7ème Tirailleurs a obtenu 6 citations à l'ordre de l'Armée et une citation à l'Ordre du Corps d'Armée. 

 






 


Chevalier de la Légion d'Honneur



Le 5 juillet 1919, le régiment est fait Chevalier de la Légion d’Honneur. La Croix écarlate épinglée à la cravate du Drapeau est entourée par la Fourragère Jaune et par la Croix de Guerre au ruban couvert de 6 palmes et d’une étoile de vermeil.
« La Gloire de la France est faite de leurs ardeurs prolongées, de leurs abnégations, de leurs souffrances et de leur sang ! ».

Le 1er Avril 1922 est un jour particulièrement faste pour le régiment.

A Constantine, le général VALENTIN, va remettre sur le front des troupes la Fourragère de la Légion d’Honneur précédemment gagnée au Drapeau du Régiment. Il sera le premier de tous les régiments indigènes à recevoir cette distinction.


« A la gloire des 7 bataillons envoyés sur le front pendant la Grande Guerre. Au premier Régiment Mixte des Zouaves et Tirailleurs, aux 7ème et 11ème Régiments de marche qu’ils ont constitués…
En immortelle Mémoire de leurs 239 Officiers, 624 Sous-Officiers et 5120 Tirailleurs tombés au Champ d’Honneur, dont les prodigieuses victoires se sont perpétuées par les 13 citations à l’ordre de l’Armée gagnées par ces divers Régiments.
Au nom du Président de la République, je remets au Drapeau du 7ème, (héritier de tant de courage et d’abnégation) la Fourragère de la Légion d’Honneur ».

Et par ce geste symbolique et hautement significatif, le 7ème R.T.A. entrait le front haut dans l’histoire. Et il viendrait encore des générations de Turcos de cette magnifique Armée d’Afrique, pour répondre « présent » à l’appel de la France dans les moments difficiles sur le territoire national ou Outre-mer, là où il s’agissait de défendre nos trois couleurs.


      J.P. BENVENTE, Directeur de la Revue d’Histoire Militaire.
        (Extrait du « Bélier n° 1 » – 1975/1976)


 

mercredi 23 septembre 2015

Marche des Tirailleurs

Que seraient les Tirailleurs sans leur fameuse Marche ?
   
            http://youtu.be/my6F4ojCJjQ
   


 
 

Marche des Tirailleurs

 

 

 

 

 

Six canons balayaient la plaine
Crachant la mort sur nos lignards
"Mes enfants", dit le Capitaine
"Faites-moi taire ces braillards"
Cette réplique étant très nette
Les turcos froncent les sourcils
Et puis au bout de leurs fusils
Ils ajustent leurs baïonnettes

Refrain

Les turcos, les turcos sont de bons enfants
Les turcos, les turcos sont de bons enfants
Mais il ne faut pas qu'on les emmerde
Sans cela la chose est certaine
Les turcos deviennent méchants
Ça n'empêche pas le sentiments
Les turcos, les turcos sont de bons enfants

II

Les turcos sont au moins cinquante
Et ces héros sont beaux à voir
En mourant leur bouche plaisante
Les turcos sont des français noirs
Ils sautent dans l'herbe sanglante
Allah! Ils grimpent à l'assaut
Et quand ils arrivent en haut
Les turcos ne sont plus que trente

III

Alors sans tambours ni trompettes
On voit bondir nos tirailleurs
En un moment la place est nette
Il ne reste plus d'artilleurs
Et quand ils cessent de se battre
Les six canons se trouvent pris
Mais eux tous sanglants et meurtris
Les turcos ne sont plus que quatre.